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vendredi 27 mars 2020

Violence conjugale en hausse de 32% : sonnez l'alerte en pharmacies

Violence conjugale en hausse de 32% : sonnez l'alerte en pharmacies

[Mise à jour vendredi 27 mars à 12H19]  Si le confinement pour lutter contre la propagation du Covid-19 constitue une épreuve pour beaucoup, il peut se muer en véritable enfer pour les victimes de violences conjugales. Cloîtrées avec l'homme (ou la femme) qui les terrifie, celles-ci sont confrontées 24h/24 à un conjoint dont la patience diminue face à la fatigue psychologique, qui s'installe souvent durant une quarantaine, et peuvent difficilement appeler à l'aide.

Rester à la maison relève alors du défi surhumain et le domicile se transforme en véritable prison. De surcroît, les activités des juridictions françaises et des associations d'aide aux victimes financées par l'État ont été fortement ralenties afin d'éviter la propagation du coronavirus, "Le confinement à domicile peut hélas générer un terreau propice aux violences conjugales", a déploré Marlène Schiappa. Le journal britannique The Economist a d'ailleurs tristement affirmé : "Depuis que les gens sont confinés à domicile, les ONG ont signalé une augmentation de la violence domestique".

Violences conjugales en confinement : quelles aides proposées ?

Interrogé sur France 2 ce jeudi 26 mars, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a confirmé ce triste constat, déclarant que les violences conjugales avaient bel et bien augmentées en France depuis le début du confinement, faisant un bond de 32%. Il a ainsi appelé les préfets et les forces de l'ordre à la mobilisation, rappelant que "intervenir en cas de violences intrafamiliales reste une priorité". Pour lutter contre ce phénomène et éviter les drames, un dispositif d'alerte a été mis en place dans les pharmacies. "Dans la pharmacie, au moment où la femme qui peut être battue, se rend sans son mari, il faut qu'elle puisse donner l'alerte", a-t-il déclaré.

Le secrétariat d'État chargé de l'Égalité a également appelé les victimes à composer le 17 "en cas d'urgence" ou à contacter la plateforme de signalement des violences, arretonslesviolences.gouv.fr, accessible tous les jours, 24h/24. 

Quant au 3919, le numéro d'écoute mis en place depuis le Grenelle des violences conjugales qui a eu lieu à la fin 2019, son service est maintenu, mais tout de même réduit. Il sera possible de composer le numéro, du lundi au samedi, de 9h à 19h. "Les écoutantes du 3919 confinées se voient attribuer un téléphone portable adéquat et du matériel informatique afin de mettre en place une écoute à distance", lit-on dans un communiqué du secrétariat d'Etat chargé de l'Égalité.

Pour s'informer sur leurs droits, les femmes peuvent, en cas de besoin, se rendre sur le site de la FNCIDFF (Fédération Nationale des Centres d'Information sur les Droits des Femmes et des Familles) et prendre contact avec les équipes, qui sont en télétravail durant le confinement, afin de poser leurs questions.

Même si les juridictions fonctionnent au ralenti, les cas concernant les violences conjugales restent prioritaires. "Les comparutions immédiates et les ordonnances d'éloignement des conjoints violents font partie des procédures d'urgence. J'ai clairement expliqué aux juridictions qu'il fallait répondre à ces urgences", a fait savoir Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, à 20 Minutes.

Le confinement dans les centres d'hébergement, possible... ou pas ?

Pour ces victimes, l'une des solutions aurait été de fuir le domicile : plus facile à dire qu'à faire... Les places en centre d'hébergement sont déjà manquantes tout au long de l'année et avec un ou plusieurs enfants à charge, le problème se complique.

Malgré tout, pour celles qui ont pu se réfugier en centre d'hébergement, la secrétaire d'État à l'Égalité femme-homme a sommé les départements de surveiller scrupuleusement les conditions d'accueil en ces lieux. Marlène Schiappa a attiré l'attention sur la nécessité de maintenir le respect des mesures barrières et d'assurer au mieux "l'organisation de l'école à la maison" pour les victimes qui résident avec un ou plusieurs enfants dans ces refuges.

Autant de points qui ne sont pas toujours respectés, faute de moyens. "Nous n'avons pas de masques, peu de gel hydroalcoolique. Et les filles, souvent très jeunes, sont enfermées à deux dans des chambres de 23 m", a déploré la directrice de l'association Une Femme, un Toit, auprès de 20 Minutes. La situation est malheureusement critique...


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