Parmi la longue liste des mesures interdites, ne pas se rendre à un enterrement est sans doute l'une des plus dures à appliquer pour les personnes qui ont perdu un proche. Invité au Journal télévisé de France 2 le 17 mars dernier, le Premier ministre avait répondu à un téléspectateur voulant se rendre aux obsèques d'un ami : "Ce que je vais dire est terrible à entendre, mais je me dois d'être à la hauteur des fonctions que j'occupe et donc je vais répondre non. Nous devons limiter au maximum les déplacements et même dans cette circonstance, nous ne devons pas déroger à la règle qui a été fixée". Les visites sur les sépultures avaient également été interdites et la plupart des cimetières avaient fermé leur accès au public.
Toutefois, des municipalités ont accepté de rouvrir les portes des cimetières, comme la ville d'Amiens. À partir du mercredi 22 avril, l'accès y sera autorisé du lundi au vendredi de 9h à 12h. Pour pouvoir s'y rendre, il faut bien entendu se munir d'une dérogation de sortie, en cochant la case "motif familial impérieux".
Des cimetières rouvrent au compte-goutte
Idem pour Vernon, en Normandie, qui va autoriser les visites dans deux cimetières de la ville à partir du 23 avril "les jeudis, samedis et mardis matin de 8h à midi", comme indiqué sur les réseaux sociaux.
Comment expliquer ces autorisations localisées ? En contactant le numéro d'information dédié au coronavirus, le Télégramme a obtenu une réponse claire : "Vous n'avez pas le droit de vous rendre au cimetière, sauf pour l'enterrement de quelqu'un de très proche". Cependant, le maire peut autoriser l'ouverture au public et"si les autorités locales en sont informées, ça ne devrait pas poser de problème".
45 minutes d'attente au cimetière de Caen...
Certaines familles ont profité de ces permissions pour se déplacer au cimetière, comme à Caen, où le cimetière de la ville peut désormais accueillir les endeuillés, chaque mardi de 14h à 17h. Le 21 avril, une file d'attente s'est formée devant l'entrée, le gardien ayant pour instructions de ne laisser entrer qu'une vingtaine de personnes dans un premier temps. Au bout de 45 minutes, de nombreuses personnes ont manifesté leur indignation. Le prix à payer (malheureusement) pour se recueillir sur la tombe d'un proche en temps de confinement...
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