[Mise à jour du 20 octobre à 10h28]. Décapité pour avoir enseigné la liberté d'expression en classe, Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine, a été la cible d'un terrible attentat ce 16 octobre. De nombreux rassemblements de soutien ont eu lieu partout en France : pour l'éducation nationale, pour la liberté d'expression ainsi que celle d'enseigner. "La peur va changer de camp. Les islamistes ne doivent pas pouvoir dormir tranquille dans notre pays" a annoncé Emmanuel Macron ce 18 octobre. Le Président compte répondre avec fermeté à cet attentat terroriste de Conflans-Saint-Honorine, en prenant notamment des mesures concrètes et rapides contre "les structures, associations ou personnes proches des milieux radicalisés" qui diffusent un message de haine et de violence. Mais le véritable chantier du gouvernement pendant les vacances de la Toussaint sera de trouver un moyen de sécuriser les établissements scolaires.
Lutte contre les extrémismes religieux : quelles mesures à l'école ?
Face à cet événement d'une violence inouïe, la priorité du gouvernement a été de mettre en place un accompagnement pour la communauté éducative, à travers des cellules d'écoutes psychologiques. Le gouvernement a par ailleurs promis de renforcer la sécurité des établissements scolaires dès la rentrée prochaine.
Un ouvrage de caricatures distribué dans les lycées
Pour défendre la liberté d'expression en France, et continuer de sensibiliser les élèves, les 13 régions de France ont pris initiative de préparer la publication d'un ouvrage rassemblant les caricatures religieuses et politiques les plus marquantes parues dans les quotidiens de la presse régionale. "Nous allons demander à un collège d'historiens d'y remettre en perspective le droit à la caricature dans l'histoire politique de notre pays" a déclaré son président Renaud Muselier à l'occasion du congrès des Régions de France à St-Ouen ce 19 octobre. Ce nouvel ouvrage devrait être mis à disposition de tous les lycéens et lycéennes de France. "Par ce geste, dans le respect de nos compétences, nous voulons témoigner de nos engagements à défendre les valeurs de la République et le droit fondamental de chacun et chacune de nos concitoyens à vivre en paix et dans la liberté", a-t-il ajouté.
#Regions2020 @RenaudMuselier Initiative des présidentes et présidents de région de préparer la publication dun ouvrage rassemblant les caricatures religieuses et politiques les plus marquantes parues dans les quotidiens de la presse régionale #Republique #Libertedexpression
— Régions de France (@Regionsdefrance) October 19, 2020
Mieux contrôler les réseaux sociaux
Une première intervention va consister à effectuer des procédures de contrôles chez les auteurs de messages de soutien à l'assassin de Samuel Paty (aux alentours de 80). Les publications sur internet, déjà contrôlées par le processus Pharos, une plateforme de signalement pour lutter contre la cybercriminalité, vont être davantage surveillées. A cela s'ajoute une convocation des patrons de réseaux sociaux par la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté mardi 20 octobre, dans le but de mettre fin aux messages d'incitation à la haine. De manière générale, le chef de l'Etat a souligné que cela viendrait enrichir, avec des "mesures appropriées" le projet de loi contre l'islam radical.
Une minute de silence au retour des vacances de la Toussaint
Le jour de la rentrée, Jean-Michel Blanquer ne souhaite pas voir les enfants rentrer à l'école dans l'improvisation, il a déclaré : "Travaillons à cette transmission des valeurs aux enfants. C'est évidemment ce que je ferai avec l'ensemble des équipes de l'Éducation nationale, de façon à ce que le lundi 2 novembre soit un jour de retour à l'école, où nous serons tous fiers de la République et forts face à ses adversaires". A cette occasion, une minute de silence en hommage à Samuel Paty sera observée par tous les établissements scolaires de France.
Enseigner la liberté d'expression : quels outils en cours ?
Les syndicats enseignants ont demandé un cadrage national sur la question de l'enseignement de la liberté d'expression. Quels supports utiliser, comment manier les caricatures Charlie Hebdo (à l'origine de cet attentat) ? Aujourd'hui, chaque professeur est libre d'orchestrer son cours comme il le souhaite.
Les propositions des Républicains (LR) pour soutenir les professeurs
Dans un entretien au Parisien, Damien Abad, patron des députés LR, estime "qu'il faut aller plus loin et plus vite" que ce qui est prévu actuellement dans le projet de loi sur les séparatismes. Pour soutenir les enseignants, les députés républicains proposent, dès la rentrée du 2 novembre, de "crever l'abcès" en organisant "des débats sur ce qui s'est passé à Conflans-Sainte-Honorine". Par ailleurs, "en cas de manifestation d'une forme ou d'une autre de soutien à cette action barbare, il faudra convoquer les parents et un conseil de discipline !", déclare Damien Abad. Il réclame un numéro vert d'urgence pour permettre aux enseignants de signaler "toutes les atteintes à la laïcité qui existent dans nos écoles", et estime "qu'en cas de menaces ou d'insultes contre un enseignant, notamment sur les réseaux sociaux, il faut que les parents d'élèves puissent être poursuivis". Fin des menus confessionnels à l'école, cours sur les valeurs de la République et sur la laïcité, avec une épreuve obligatoire au brevet, épreuve de laïcité dans le concours d'enseignant, service à la Nation obligatoire de 4 à 6 mois dans les armées, la police, la justice ou les pompiers... Le député dresse une liste de propositions pour l'éducation nationale.
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