samedi 17 octobre 2020

Professeur décapité dans la rue : ce que l'on sait de l'acte terroriste

Professeur décapité dans la rue : ce que l'on sait de l'acte terroriste

Une barbarie sans nom, un acte impensable... Et une onde de choc. Samuel Paty, professeur d'histoire du collège du Bois d'Aulne de Conflans-Saint-Honorine, dans les Yvelines, a été assassiné et décapité par un homme, le vendredi 16 octobre en fin d'après-midi, à la veille des vacances de la Toussaint.
L'enseignant de 47 ans aurait montré il y a quelques jours des caricatures de Mahomet à ses élèves dans un cours d'expression libre...
La police la brigade anticriminalité (BAC), appelée vers 17h pour un individu qui rôdait près de l'établissement avec un couteau de cuisine à la main, a découvert sur place l'atroce crime de la victime ensanglantée et décapitée, avant de retrouver l'assaillant 200 mètres plus loin, à Eragny (Val d'Oise).
Après une course poursuite, les forces de l'ordre auraient ouvert le feu à plusieurs reprises et auraient abattu par balles l'agresseur, qui aurait hurlé "Allah akbar" avant de mourir. Une opération de déminage a été entreprise, 

Le parquet anti-terroriste a été saisi de l'affaire. Des perquisitions ont eu lieu dans la nuit du 16 au 17 octobre. Neuf personnes sont en garde à vue, selon une source judiciaire. Les quatre premières personnes, dont un mineur, sont issues de l'entourage familial de l'assaillant. Il s'agit de ses parents, de ses grand-parents et de son petit frère, interpellés à Evreux, dans l'Eure.

Parmi les cinq autres personnes interpellées figurent deux parents d'élève du collège où travaillait la victime.

Qui est l'assaillant ?

Selon les premières sources, le terroriste serait Abdoulakh A., un jeune homme d'origine tchétchène de confession musulmane âgé seulement de 18 ans, né en 2002 à Moscou, en Russie. Il pourrait faire partie d'une bande à Eragny, dans laquelle se trouvait une personne islamiste fichée "S", selon les informations du Figaro. Avant l'intervention de la police, il aurait diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux de la tête décapitée du professeur.

Des menaces envoyées par les parents

Le professeur aurait présenté des caricatures du prophète Mahomet à sa classe au début du mois d'octobre. Dans une vidéo, un homme aurait raconté sa version des faits, expliquant que l'enseignant aurait demandé aux élèves musulmans de sortir lors du débat. "Ma fille a refusé de sortir. Il a montré un homme tout nu en leur disant que c'était le prophète", a-t-il déclaré.

Certaines familles se seraient donc plaintes auprès de la principale du collège le 5 octobre, demandant la démission de l'enseignant. Celui-ci aurait par ailleurs été menacé par certains parents, et aurait déposé plainte à leur encontre.

Des rumeurs de "blasphème" auraient ensuite circulé auprès des habitants et des cités de la commune...

Sidération et émotion

Emmanuel Macron a rapidement réagi à cet horrible crime et s'est rendu sur les lieux dans la soirée du 16 octobre.

"Un de nos concitoyens a été assassiné aujourd'hui parce qu'il enseignait, parce qu'il apprenait à des élèves la liberté d'expression, la liberté de croire et de ne pas croire. Notre compatriote a été lâchement attaqué, a été la victime d'un attentat terroriste islamiste caractérisé", a déclaré le Président de la République, en concluant : "Tous et toutes, nous ferons bloc... Ils ne passeront pas". "L'obscurantisme et la violence qui l'accompagne ne gagneront pas. Ils ne nous diviseront pas".

Le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES-FSU)  a appelé tout le personnel de l'Education Nationale à faire une minute de silence le samedi 17 octobre à 11h "en mémoire de notre collègue assassiné et en soutien à ses collègues, ses élèves, sa famille, ses proches".

Le Ministre de l'Education Nationale Jean-Michel Blanquer s'est lui aussi exprimé sur Twitter, affirmant qu'il s'adressait aux familles et personnels enseignants en vidéo "pour une réaction de solidarité absolue et de solidité de toute notre institution".

Charlie Hebdo a également partagé "son sentiment d'horreur et de révolte" sur le réseau social, assurant que "l'intolérance vient de franchir un nouveau seuil et ne semble reculer devant rien pour imposer sa terreur à notre pays"

Les députés de l'Assemblée Nationale se sont levés dans la soirée du 16 octobre "pour saluer la mémoire" du professeur décapité et dénoncer "un abominable attentat".

Un "hommage national" sera rendu à l'enseignant Samuel Paty, a annoncé la présidence de la République. Cet hommage, dont la date n'est pas encore fixée, est organisé en coordination avec la famille, a précisé l'Elysée à l'AFP. 


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