mercredi 28 octobre 2020

Reconfinement : total, national, de 4 semaines... annonces de Macron

Reconfinement : total, national, de 4 semaines... annonces de Macron

"Il faut s'attendre à des décisions difficiles", a prévenu le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, au micro de France Inter, le 27 octobre. Après le couvre-feu et la règle des 6 personnes, allons-nous vers un reconfinement ? C'est une option mise sur la table pour tenter de freiner l'aggravation de l'épidémie, alors que 46 millions de Français sont désormais contraints de rester chez eux à partir de 21h. Pour l'exécutif, il n'y a plus de temps à perdre. Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique, a déclaré sur RTL, le 26 octobre, que le nombre de cas de coronavirus était sans doute deux fois plus élevé que le nombre de cas recensés.

Emmanuel Macron a donc réuni un conseil restreint de défense et de sécurité nationale Covid-19 dans la matinée du 27 octobre. Puis Jean Castex s'entretiendra dans l'après-midi avec les présidents du Sénat, de l'Assemblée nationale, les chefs de partis politiques, ainsi que les partenaires sociaux. Le lendemain, un second conseil de défense devrait avoir lieu. Mais en cas de reconfinement, quelles pistes sont à envisager ?

Les trois options possibles d'un éventuel reconfinement

Pour tenter de freiner l'épidémie du Covid-19 et empêcher la saturation des services de réanimation des hôpitaux, plusieurs scénarios sont mis sur la table, dont l'application est vraisemblablement prévue pour le mois de novembre.

  1. Certains évoquent la possibilité d'un confinement le week-end, agrémenté d'un allongement de la durée du couvre-feu.
  2. D'autres insistent sur la nécessité de confiner, même en semaine, les territoires les plus touchés par le coronavirus.
  3. Enfin, l'option la plus drastique, un confinement total et national, est celle pour laquelle l'exécutif ne devrait opter qu'en ultime recours. 

L'option d'un reconfinement local

"J'ai la certitude que nous allons vers un confinement", a déclaré sur Twitter Jean Rottner, président LR de la région Grand Est et médecin de profession. Sur Franceinfo, celui-ci a évoqué l'option d'un confinement local, qui viserait à ralentir l'accélération de la pandémie sur les territoires qui sont particulièrement touchés : "Ce sont peut-être des zones sur lesquelles il faut insister plus particulièrement". 

Mais il insiste sur la nécessité d'établir un dialogue pour mettre en place un confinement plus souple que le dernier. "Cela veut dire qu'il faut préserver une forme d'activité économique, qu'il faut adapter nos transports en commun et étaler les heures de prise de travail, il faut peut-être conserver l'activité scolaire, tout cela je demande simplement que nous puissions en discuter avant qu'il ne soit trop tard, avant que la situation soit trop urgente", a-t-il expliqué.

Des mesures "plus restrictives" en Île-de-France

En Île-de-France aussi, "la situation se tend chaque jour et s'accélère", a martelé sur BFMTV Aurélien Rousseau, directeur général de l'ARS de la région, exhortant à prendre des mesures "plus restrictives". Et de préciser, au micro de France Bleu : "Nos équipes constatent que les contaminations n'ont plus forcément lieu dans les bars mais dans les moments festifs à la maison". À Paris et dans les départements d'Île-de-France, le scénario d'un confinement n'est donc pas à exclure, dès novembre.

Le scénario d'un confinement le week-end et un couvre-feu allongé

Un reconfinement le week-end, assorti d'un couvre-feu avancé à 19h, est tout à fait envisageable. Selon RTL, c'est une option qui est à l'étude pour les villes de Paris, Lyon et Marseille.

Le rappel à l'ordre de Christian Estrosi à Nice

À Nice, Christian Estrosi a brandi la menace d'un confinement le week-end, dans le cas où le taux d'incidence ne passerait pas sous la barre des 150 (pour 100 000 cas) d'ici début novembre. Le maire de la capitale des Alpes-Maritimes a déclaré : "Je demanderais au préfet la fermeture de certains commerces non indispensables. Et je ferais également fermer certains établissements sportifs et culturels de la ville. Les marchés seraient aussi davantage réglementés".

Un confinement partiel à Lyon ?

À Lyon, l'évolution de l'épidémie est inquiétante. Un confinement le week-end et un couvre-feu plus musclé seraient à mettre en place de toute urgence, selon Vincent Rébeillé-Borgella, secrétaire général de l'Union Régionale des Professionnels de Santé (URPS) d'Auvergne Rhône-Alpes. Ce médecin de profession a expliqué dans La Dépêche : "On s'aperçoit que les gens le week-end se croisent beaucoup plus, se relâchent et respectent moins les gestes barrière".

Se dirige-t-on vers un reconfinement national ?

Même dans l'hypothèse d'un reconfinement national, Emmanuel Macron souhaite éviter à tout prix la fermeture des écoles et compte permettre à une partie des Français de se rendre au travail. Selon les déclarations de Jean-François Delfraissy à RTL, si le reconfinement national était acté, il serait certainement plus bref que le premier, et "suivi de conditions de déconfinement très particulières, puisqu'on déconfinerait en passant par un couvre-feu".

Une source gouvernementale a d'ailleurs affirmé au Figaro : "Une chose est sûre, ce ne sera pas le confinement du mois de mars".

Un confinement total sur le modèle de celui que nous avions connu en mars coûterait entre 15 et 20 milliards d'euros par semaine, "en tenant compte des exonérations de charge", précise Le Parisien.

Le mot d'ordre semble donc être la souplesse !

Vers un confinement à l'irlandaise ?

L'Irlande a été le premier pays d'Europe à reconfiner sa population, afin de pouvoir "célébrer Noël correctement", selon le Premier ministre Micheal Martin.

Concrètement, depuis le 21 octobre, les Irlandais doivent télétravailler, lorsque cela leur est possible, les restaurants sont fermés (mais la livraison est possible), les rassemblements à domicile sont prohibés, les commerces non essentiels et espaces culturels sont fermés, et les sorties pour faire de l'exercice sont permises dans un rayon de 5 km. Mais surtout, les écoles restent ouvertes.

Est-ce le type de confinement vers lequel nous pourrions nous diriger, qu'il soit local ou national ?

C'est plus ou moins ce que prônent Philippe Amouyel et Luc Dauchet, deux médecins du CHU de Lille, qui ont appelé, dans le Journal du Dimanche, à mettre en place un "confinement écocompatible", qui permettrait, contrairement au confinement irlandais, de laisser les entreprises ouvertes, tout en augmentant le télétravail

Quel confinement pour les personnes de plus de 65 ans ?

Une option moins probable, mais tout de même évoquée, est celle d'un second confinement pour les personnes à risque, notamment celles âgées de plus de 65 ans.

L'épidémiologiste Martin Blachier a mis en exergue les avantages possibles d'une telle position, sur FranceInfo : "On a aussi étudié un scénario de reconfinement de la population âgée, comme on l'a déjà évoqué en mars-avril. Un reconfinement de deux semaines de la population vulnérable s'avère aussi efficace en termes de réanimation et de mortalité qu'un confinement général".

Mais des voix s'élèvent pour dénoncer ce type de mesure qui pourrait isoler davantage une tranche de la population, déjà fragilisée par le confinement de mars.


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